Le semis extérieur : Avant, pendant, après !

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Semer directement vos plantes potagères et herbacées dans la terre du potager n’a rien de bien sorcier, sauf que…

On peut toujours rater ses semis pour des raisons bien différentes qui sont parfois hors de notre contrôle. Les conditions climatiques extrêmes nous jouent à l’occasion de vilains tours, mais pour le reste, cette marche à suivre améliorera vos chances de succès.

Avant de semer

Une bonne préparation permet de bien coordonner nos actions.

Aussi, avant de mettre vos semences en terre :

  • Établissez le plan de votre potager sur papier
  • Travaillez la terre dès que la température le permet.
  • Délimitez les zones de plantation pour chacune des variétés de légumes ou plantes potagères en marquant le sol ou avec des piquets
  • Incorporez les amendements requis pour chaque culture ; par exemple, les tomates sont gourmandes et demandent un sol très riche comparativement aux haricots peu exigeants.
  • Établissez un calendrier de vos semis directs à l’extérieur

Travailler la terre, ça veut dire quoi au juste ?

Les semis ont besoin d’air, de chaleur et d’eau pour germer.

Aussi, une fois la terre dégelée et égouttée au printemps, on doit l’ameublir pour y faire pénétrer l’air, l’aider à se réchauffer et faciliter la pénétration de l’eau.

Pour garder le sol vivant*, on évite de bêcher (retourner la terre avec une bêche) afin de ne pas détruire la microfaune qui s’y trouve : elle contribue plus que vous ne pouvez l’imaginer à la santé de l’écosystème du sol !

*Voir les divers articles sur le Sol vivant dans Écouinfo pour en apprendre davantage.

Dans les terres légères :
– On passe un croc à 4 ou 5 dents pour aérer le sol, déloger les racines d’adventices et casser les mottes.
– On termine avec un coup de râteau droit.

Dans les terres argileuses :
– On soulève la terre sans la retourner à l’aide d’une fourche-bêche ou d’une grelinette.
– On peut aussi se servir d’une houe pour enlever les mauvaises herbes tenaces.
– On passe un croc à 4 dents (plus facile dans les terres lourdes) pour aérer le sol, déloger les racines d’adventices et casser les mottes.
– On termine avec un coup de râteau droit.

Des amendements, oui ; mais lesquels ?

Un amendement de sol est une substance ajoutée au sol qui modifie ses propriétés physiques pour le rendre plus fertile. Le compost représente l’amendement de base dans le potager, mais il y a plus :

Algue granulaire : elle contribue de manière considérable à la croissance et à la qualité des végétaux.
Basalte : son apport en silice renforce les tissus végétaux pour une résistance accrue aux maladies et aux insectes
Calcium marin : corrige l’acidité excessive du sol et les carences en calcium.
Chaux dolomitique : elle contient du calcium et du magnésium, 2 éléments nutritifs essentiels à la croissance des plantes.
Mix Minéral : ce mélange ralentit le lessivage des nutriments en optimisant leur assimilation et améliore la texture du sol.
Poussière de roche glaciaire : riche en silice naturelle, elle est une excellente source de calcium, de fer, de magnésium, de potassium et d’oligo-éléments.
Sables verts : le silicate de fer et de potassium sert à alléger les sols durs et à améliorer la rétention d’eau et de nutriments dans le sol.
Sulfate d’aluminium : il aide à acidifier les sols
Tourbe de sphaigne : elle aide à alléger les sols et à augmenter leur rétention d’eau.

Au moment de semer

  • À partir du début avril, et de semaine en semaine, vérifiez lesquelles de vos cultures sont à semer en fonction de la température du sol : eh non, toutes les variétés ne se sèment pas le même jour !
  • Ajoutez un biostimulant pour favoriser l’enracinement et la croissance de vos semences
  • Semez en respectant la profondeur de plantation et la distance entre les plants comme indiqué sur le sachet
  • Tassez la terre avec la main ou une planche, puis arrosez en pluie fine pour bien humecter le sol.

Un biostimulant, c’est quoi au juste ?

Un biostimulant soutient et bonifie le travail des micro-organismes du sol.
En voici quelques exemples :

– Activateur de sol : une combinaison de micro-organismes naturellement présents dans le sol et d’un sous-produit forestier qui améliore l’absorption des nutriments et soutient la croissance et la santé de la plante.
– Fumier de vers de terre : on le met dans les sillons lors des semis pour fournir des nutriments aux plantules sans les brûler
– Mix Boost: ce mélange d’ingrédients fertilisants riches en calcium et magnésium augmente la fertilité du sol.
– Mycorhize : en s’associant aux racines, les champignons mycorhiziens accroissent l’absorption des nutriments et de l’eau par les plantes et augmentent leur tolérance à la sécheresse et autres stress environnementaux.

Après avoir semé

  • Identifiez vos cultures avec des étiquettes imperméables sur lesquelles vous notez le nom de la variété et la date de semis
  • Arrosez au besoin pour maintenir la terre fraîche
  • Quand les plantules ont 3-4 vraies feuilles, procédez à l’éclaircissage

Éclaircir les semis, ça se fait comment ?

Même à l’aide d’un semoir, certaines semences très fines forment des rangs trop denses quand elles germent. Pour éviter que les plants s’étouffent entre eux, on en élimine une partie tout le long du rang.

– On choisit une journée nuageuse pour éviter aux jeunes plantules bousculées de prendre un coup de chaleur.
– On arrose le rang pour que les racines des plants supprimés sortent plus facilement du sol sans trop déranger celles qui y restent !
– Une à une, on serre la tige des plantules avec les doigts et on les tire du sol doucement.
– On arrose de nouveau pour fermer les trous laissés par l’éclaircissage et tasser la terre autour des jeunes plants restés en terre.

On fait un premier éclaircissage environ un mois après le semis ou quand les plantules ont 3-4 vraies feuilles.

– Les plantules arrachées peuvent être repiquées (betteraves, poireaux), mangées (laitues, épinards, moutarde, chou-kale) ou laissées sur le sol pour s’y décomposer.

Les légumes qui demandent plus d’espace demandent parfois un 2e éclaircissage.

Par exemple, on peut éclaircir une 1re fois un rang de carottes ou de radis en laissant moins d’espace entre les plants que la recommandation.

– Lors du 2e éclaircissage, on enlève de jeunes racines assez grosses pour en faire de délicieuses bouchées en laissant aux autres assez de place pour atteindre leur taille mature.

Idée de génie !

À la fin mai, lors de votre dernier semis de radis de printemps, mélangez vos graines de carotte et radis sur le même rang. Quand vous récolterez les radis un mois plus tard, vous éclaircirez automatiquement vos carottes. 

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