L’ABC du repiquage

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Après l’étape du semis vient celle du repiquage ! La marche à suivre n’a rien de sorcier, mais elle doit être respectée pour éviter des retards de croissance, des maladies et de faibles récoltes.

Pourquoi repiquer ?

C’est tout simplement pour donner à chaque plantule l’espace dont elle a besoin pour grandir en vigueur et en santé!

  • Quand les plantules sont tassées les unes contre les autres, elles luttent entre elles pour l’eau et les nutriments dans le sol.
  • Chacune cherche la lumière et s’étiole dans l’espoir de s’élever au-dessus de la masse.
  • Les maillons faibles deviennent vulnérables aux maladies et contaminent leurs voisins avec des résultats désastreux.


Quoi repiquer ?

Les semis en ligne ou à la volée dans des plateaux à l’intérieur : on les repique dans des pots individuels ou on les espace dans un plateau plus profond.

  • Quand la température le permet, on les repique à leur emplacement final au jardin ou en gros contenants.

Les semis en poquet à l’intérieur : on doit parfois les repiquer dans un pot plus gros avant de les transplanter dehors.

  • Comme il s’agit souvent de plantes qui tolèrent mal la transplantation, on évite de le faire. On les sème plutôt dans des contenants qui répondront à leurs besoins jusqu’au moment de les repiquer au jardin ou en gros contenants. 

Les semis en ligne à l’extérieur : on peut les repiquer, au besoin, mais le plus souvent, on élimine simplement les plantules en trop.

Quand repiquer ?

Semis en ligne ou à la volée à l’intérieur ou à l’extérieur : on repique les plantules dès qu’elles arborent leur première paire de vraies feuilles.

Semis en poquet : on repique les jeunes plants dans un contenant plus gros quand leurs racines ont colonisé tout le terreau du contenant ou on procède au repiquage à l’extérieur quand la température le permet.

Comment repiquer ?

Dans le cas du repiquage de plantules à racines nues — celles qu’on sort de terre et non d’un contenant —, les dommages aux racines sont inévitables et provoquent un choc de transplantation.

  • Un choc important peut conduire à une montaison prématurée, une moins bonne résistance aux maladies ou une récolte décevante.

Limiter les dommages dus au choc de transplantation

Avant le repiquage, on peut endurcir les plants en ralentissant leur croissance. Pour y arriver :

  • on espace les arrosages pour occasionner un léger stress,
  • on réduit un peu la température pour les endurcir,
  • dans le cas d’un repiquage à l’extérieur, on expose graduellement les plants aux éléments sur une période de 7-10 jours.

Au moment du repiquage :

  • on ameublit le sol où les plants seront repiqués et on ajoute les amendements nécessaires ;
  • on voit à ce qu’il soit humide, mais non détrempé ;
  • on s’assure de garder bien fraîches les racines des jeunes plants.

Après le repiquage :

  • On arrose copieusement autour des plants pour tasser le sol et l’humidifier complètement sans le saturer d’eau.
  • Si possible, on ombrage les jeunes transplants avec un voile fin pour leur éviter un stress hydrique avant qu’ils n’aient eu la chance de s’enraciner.


Diverses techniques de repiquage

La technique de repiquage diffère selon l’enracinement des semis et la profondeur à laquelle on place le collet de la plante.

Selon l’enracinement

Repiquage des racines nues

Cette technique s’applique aux semis en ligne ou à la volée faits à l’intérieur comme à l’extérieur :

  1. On enfonce un crayon ou un petit bâton dans le terreau sous la plantule ;
  2. On la soulève soigneusement tout en la tenant par un cotylédon (voir Encadré), jamais par la tige ;
  3. On forme un creux dans le terreau de son nouvel emplacement (plateau, pot ou jardin) avec son doigt ou un bâton rond ;
  4. On y dépose la plantule et on tasse délicatement la terre autour de ses racines.


Repiquage des mottes

Une motte équivaut au terreau colonisé par les racines d’un jeune plant que l’on retire d’un pot ou d’une des cellules d’un plateau de multicellules. Les mottes sont obtenues avec les semis en poquet à l’intérieur :

  1. On décolle la motte de racines en tapant sur les bords du contenant ;
  2. On place la main sur le dessus du pot en passant le plant entre nos doigts et on tourne le pot à l’envers ;
  3. On saisit la motte avec l’autre main et on la dépose le trou de son nouvel emplacement (gros pot ou jardin).
  4. Puis, on tasse la terre autour de la motte.


Selon la profondeur du collet

Repiquage à collet flottant

Pour éviter la pourriture du collet chez les variétés sensibles, on laisse celui-ci hors sol lors de la transplantation.

  • Cette technique convient aux fraisiers, laitues, chicorées, betteraves et artichauts.

Repiquage à collet à terre

Ici, le plant est enterré jusqu’à la base des cotylédons. Le collet se retrouve ainsi à ras de terre.

  • Cette technique convient à la majorité des plantes.

Repiquage à collet enterré

La tige de certaines variétés produit facilement des racines. Pour obtenir des plants plus robustes, on enterre donc le collet et les premières vraies feuilles de ces plantes.

  • C’est le cas des tomates, aubergines, piments et choux.

D’autres variétés qu’on veut blanchir sont aussi repiquées profondément.

  • Le poireau et le fenouil bulbeux en sont.


Cotylédon et vraie feuille

Les cotylédons sont les 2 premières petites feuilles qui émergent de la graine. Ils ne ressemblent pas aux feuilles qui se développent par la suite et qu’on appelle les vraies feuilles.

Nos pictos vous renseignent !

Pour les débutants comme pour les experts, le repiquage ou la transplantation de certaines plantes représente une aventure de haut risque !

Avant de vous lancer dans des essais-erreurs coûteux, vérifiez en ligne sur la fiche de la variété sélectionnée ce que vous disent nos pictogrammes :
Non recommandée : La transplantation très difficile de cette plante exige des conditions très pointues impossibles à récréer sans une serre bien équipée; semez ces variétés en poquet seulement, dans un contenant biodégradable de préférence ou en pleine terre.

Difficile : La transplantation difficile de cette plante demande de prendre des précautions ; veillez à respecter la période de l’année favorable à la reprise, la température du sol idéale et les techniques préconisées pour la transplantation et le suivi d’arrosage.

Facile : La transplantation facile de cette plante ne demande pas de soins particuliers ; assurez-vous surtout de bien l’arroser jusqu’à la reprise de la croissance.

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