Différentes techniques de semis pour différents besoins

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Au fil de l’évolution, les plantes ont adapté leur mode de reproduction à leur environnement. Apprendre à connaître les conditions requises par chacune augmente considérablement vos chances de succès !

Pour qu’une graine germe…

3 conditions doivent être au rendez-vous :

  1. Avoir des graines viables.
  2. Reproduire les conditions environnementales appropriées
  3. Lever la dormance.

La viabilité des graines varie selon les espèces et les conditions d’entreposage.

Si vous gardez vos semences dans un endroit chaud et humide, leur taux de germination déclinera plus vite que si vous les entreposez dans un endroit frais et sec.

Un environnement propice à la germination diffère aussi d’une espèce à l’autre. Certaines graines ont besoin de lumière, mais d’autres requièrent le noir complet. Certaines aiment un peu de fraîcheur et d’autres, une bonne chaleur.

Cependant, elles ont toutes besoin d’eau et d’oxygène.

En milieu naturel, la dormance permet aux graines de germer au bon moment.

  • Des forêts de conifères se régénèrent naturellement après un feu, car la chaleur intense favorise la désarticulation des cônes et la libération des graines.
  • En climats nordiques, les graines s’attendent à une période de froid pour ne germer qu’au retour du temps plus clément.
  • Certaines graines se protègent d’épais téguments (l’enveloppe de la graine) pour empêcher l’eau de pénétrer et retarder leur germination. La viabilité de ces graines est très longue.
  • En général, les graines de céréales (blé, orge, avoine) sont imperméables à l’oxygène à des températures au-dessus de 25 °C. Comme elles ont besoin de l’oxygène pour germer, elles attendent des températures plus fraîches qui correspondent aux conditions propices à leur croissance.

La stratification

Cette méthode permet de lever la dormance des semences qui ne germent qu’après une période de froid.

  • On met les graines à tremper dans l’eau 12 à 24 h (ou jusqu’à une semaine pour les semences très dures).
  • On égoutte les graines et on les mélange à un médium (voir la recette) qui retient l’humidité en respectant ce ratio : 1 cuillérée de graines pour 1 à 3 cuillérées de médium.
  • On place le tout sur un fond de médium dans un contenant aéré qui protègera de la sécheresse et des rongeurs (si le contenant est placé dehors).
  • On peut aussi placer les graines dans un sac de plastique hermétique sans médium.
  • Le contenant est alors exposé au froid pendant 1 à 4 mois selon les espèces.
  • La stratification peut se faire dehors en hiver ou dans un réfrigérateur; réglez alors la température entre 0 et 10 °C.

Recette de médium pour la stratification

  • 1 part de gros sable
  • 1 part de perlite
  • 1 part de mousse de tourbe bien humidifiée.

La scarification

Pour lever la dormance des semences très dures, on doit endommager les téguments afin que l’eau puisse passer.

  • Pour les graines plus fines, on les frotte sur du papier sablé et on les fait germer entre deux papiers absorbants mouillés.
  • Pour les grosses semences, on pratique des entailles dans leur enveloppe sans atteindre l’embryon, puis on les met à tremper 24-48 dans l’eau à la température de la pièce.

On sème dehors ou dans la maison ?

Le semis intérieur

Les variétés sensibles au froid, qui demandent une longue période de culture ou qui exigent des conditions de germination impossibles à reproduire à l’extérieur sont semées à l’intérieur.

  • Celles qui tolèrent bien la transplantation peuvent être semées en ligne dans un plateau rempli de terreau et repiquées plus tard au jardin ou dans des contenants individuels.
  • Celles qui ne tolèrent pas qu’on déplace leurs racines sont semées en poquet.

Le semis extérieur

On sème directement au jardin les variétés qui tolèrent mal la transplantation, mais dont le cycle de croissance et la tolérance au froid permettent d’atteindre la maturité avant l’hiver.

Les cultures de saison froide sont aussi semées directement au potager tôt en saison ou à la fin de l’été.

  • Le semis en ligne est pratiqué pour la plus grande partie des légumes.
  • Le semis en poquet s’applique aux espèces buissonnantes — par exemple, les courges et autres cucurbitacées — ou grimpantes — les haricots grimpants, entre autres.
  • Le semis à la volée convient aux engrais verts, à certaines fines herbes et aux légumes-feuilles qu’on souhaite récolter très jeunes (épinards, laitues, mescluns).

Les différentes techniques

Semis en ligne

Cette technique courante permet de créer un espace régulier entre les lignes de légumes, ce qui facilite le passage de la binette pour désherber et décompacter la terre. Elle s’applique au semis extérieur, mais aussi au semis intérieur dans des plateaux.

  • À l’aide d’une planche ou autre, imprimez une ligne dans le terreau. Ajustez la profondeur à la grosseur des graines à semer (voir la profondeur de semis sur le sachet).
  • Semez les graines fines avec un semoir et les graines plus grosses à la main en respectant la distance recommandée entre les graines.
  • Ramenez le terreau des côtés sur les semences et tassez la terre avec votre main ou une planche.
  • Arrosez en pluie fine.

Semis en poquet

  • Mettez 3 à 5 graines par contenants ou cavités (multicellules, petits pots de production, alvéoles de boîtes d’œufs, etc.) ou par trou directement au jardin.
  • Couvrez-les de terreau selon la profondeur de semis indiqué sur le sachet et tassez la terre avec votre main ou une planche.
  • Arrosez en pluie fine.
  • Quand les plantules possèdent 1-2 paire de vraies feuilles, éliminez les plus faibles pour ne garder que 1 à 3 plants par contenant ou par trou.
  • Respectez la distance recommandée entre les plants sur le sachet entre les poquets.

Semis à la volée

  • Saupoudrez la parcelle à semer avec les semences en les répartissant le plus régulièrement possible.
  • Au besoin, ajoutez un peu de terreau sur les semences ou mélangez-les à la terre de surface en ratissant avec un balai à feuilles.
  • Tassez le sol avec un rouleau à gazon pour les grandes surfaces ou à l’aide d’une planche ou de la main pour les plus petites surfaces.
  • Arrosez en pluie fine.

Saison de culture :

L’importance de la température

Même parmi les plantes indigènes du Québec, certaines poussent dès que la terre dégèle et d’autres attendent qu’elle se soit réchauffée. Les premières sont des variétés de « saison froide» et les secondes, de « saison chaude».

Aussi, pour bien réussir ses semis, on doit tenir compte de la saison de culture de chaque variété.

À l’extérieur

Assurez-vous de semer chaque variété quand le sol atteint la température indiquée sur le sachet. La germination des graines en dépend !

  • Si vous semez vos radis et vos concombres le même jour, une des deux cultures souffrira immanquablement du froid ou de la chaleur !

À l’intérieur

Certains semis se contentent de la température ambiante de la maison pour germer, mais les variétés de saison chaude sont génétiquement programmées pour se développer dans un sol chaud.

  • C’est le cas des espèces tropicales, comme les courges, les piments, les tomates, les melons et les aubergines.

Cependant, le refroidissement causé par l’évaporation à la surface du terreau réduit la température de ce dernier de 3 à 5 °C comparativement à l’air ambiant.

  • La grande majorité des semis bénéficient donc d’un peu de chaleur de fond !

Que faire?

On peut placer les caissettes de semis sur une source de chaleur (calorifère, chauffe-eau ou réfrigérateur), mais la température est alors impossible à contrôler.

Des problèmes comme un terreau qui sèche trop vite ou une chaleur en dents de scie avec des pointes trop élevées et des bas trop froids peuvent surgir.

  • Les mini-serres et les tapis chauffants règlent ce problème en émettant une chaleur égale qui peut être réglée avec un thermostat pour une germination optimale.

L’ajout d’un thermostat permet de réguler la température et la maintenir au degré désiré.

  • Dans certains cas, les jeunes plants demandent de la chaleur le jour et une température plus fraîche la nuit ; le thermostat s’avère alors d’une grande utilité !

L’indispensable ventilation

Saviez-vous qu’une bonne circulation d’air compte pour 80 % de la réussite de vos semis ?

L’utilisation d’un ventilateur conçu expressément pour les semis aide à réduire les pertes et obtenir de meilleures récoltes.

Attention ! Les ventilateurs de maison sont trop gros pour cet usage et risquent de faire plus de mal que de bien : la trop grande force du vent pourrait coucher les jeunes pousses au sol et assécher le terreau trop rapidement.

Les avantages de la ventilation :

  • Grâce à une meilleure circulation de l’air, on prévient la fonte des semis.
  • Les pousses exposées au vent dès leur jeune âge se font des muscles ! Les cellules plus courtes se traduisent par des tiges beaucoup plus robustes et moins cassantes.
  • Lors du transfert des jeunes plants à l’extérieur, l’acclimatation se fait beaucoup plus facilement et rapidement. Les plants moins fragiles s’adaptent mieux aux conditions extérieures avec un taux de mortalité quasi nul.
  • Les plants moins stressés s’établissent plus rapidement dans le potager et commencent à produire plus tôt que les plants étiolés et mous cultivés sans ventilation.
  • Les plants ventilés durant les premiers stades de leur développement sont généralement plus productifs.

Graine ou semence ?

La graine est le résultat de la reproduction sexuée de la plante.

La semence peut être la graine d’une plante, mais aussi son fruit, son bulbe, son tubercule ou toute autre partie de ce végétal qui, mis en terre, donneront une nouvelle plante. 

Une graine est donc une semence, mais une semence n’est pas toujours une graine !

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